La cybersécurité de l’État français change de cap. Face à la multiplication des cyberattaques visant les administrations publiques, le SGDSN et l’ANSSI ont dévoilé leur feuille de route cyber 2026-2027 afin de renforcer durablement la résilience numérique de l’État.
Le document fixe plusieurs priorités concrètes pour les deux prochaines années : renforcement de la gouvernance cyber, sécurisation des accès, amélioration de la détection des menaces ou encore préparation à la cryptographie post-quantique.
Cette nouvelle stratégie intervient après plusieurs incidents ayant touché des ministères et établissements publics en 2025, révélant des fragilités persistantes au sein de certains systèmes d’information.
Une cybersécurité pilotée au plus haut niveau
À travers cette feuille de route, l’État entend faire évoluer son approche de la cybersécurité. Le sujet n’est plus uniquement technique : il devient une question de gouvernance, de pilotage et de résilience globale.
Parmi les priorités annoncées figure le renforcement de la gouvernance cyber au sein des ministères. L’objectif est de clarifier les responsabilités, multiplier les audits et intégrer davantage la cybersécurité dans les décisions stratégiques des administrations.
Autre axe majeur : l’homologation systématique des systèmes d’information critiques. Les infrastructures sensibles devront désormais être évaluées et validées sur le plan de la sécurité avant toute mise en production ou migration vers le cloud.
Mieux sécuriser les accès et les infrastructures critiques
La feuille de route insiste également sur la nécessité de renforcer la protection des systèmes exposés sur Internet, notamment les messageries et les infrastructures DNS, régulièrement ciblées lors des cyberattaques.
L’État prévoit par ailleurs de généraliser l’authentification multifacteur (MFA), d’automatiser davantage la gestion des droits d’accès et de supprimer progressivement les comptes génériques afin de limiter les risques de compromission.
Les environnements d’administration feront eux aussi l’objet de mesures renforcées. Les administrateurs informatiques devront utiliser des postes dédiés et des mécanismes d’authentification forte afin de mieux protéger les accès les plus sensibles.
Une priorité donnée à la détection et à la réponse à incident
Face à l’augmentation des attaques sophistiquées, les capacités de supervision et de réaction devront être renforcées dans l’ensemble des ministères.
La feuille de route prévoit notamment le déploiement accru de solutions EDR/XDR pour améliorer la détection des comportements malveillants, ainsi qu’un renforcement des CSIRT ministériels chargés de la gestion des incidents de sécurité.
Le maintien en condition de sécurité constitue également un chantier prioritaire. Les administrations devront améliorer la gestion des correctifs, réduire l’obsolescence des équipements et accélérer le traitement des vulnérabilités connues.
Anticiper les crises cyber et la menace quantique
Au-delà de la protection quotidienne des systèmes, le gouvernement souhaite également renforcer la capacité de résilience des administrations en cas d’attaque majeure.
Les ministères devront intégrer plus systématiquement la cybersécurité dans leurs plans de reprise d’activité, avec des exercices réguliers de restauration des sauvegardes et de gestion de crise cyber.
Enfin, l’État anticipe déjà les futures évolutions technologiques en préparant progressivement la transition vers la cryptographie post-quantique. L’objectif est d’adapter les mécanismes de chiffrement actuels aux capacités futures des ordinateurs quantiques, capables à terme de remettre en cause certains standards cryptographiques utilisés aujourd’hui.
Une tendance de fond pour toutes les organisations
Au-delà du secteur public, cette feuille de route illustre une évolution plus large du paysage cyber. La cybersécurité s’impose désormais comme un enjeu de gouvernance, de continuité d’activité et de souveraineté numérique pour toutes les organisations manipulant des données sensibles.
Dans un environnement marqué par l’industrialisation des cyberattaques et la multiplication des menaces hybrides, la capacité à anticiper, détecter et répondre rapidement aux incidents devient un facteur clé de résilience.
Pour consulter la feuille de route complète : https://www.defense.gouv.fr/comcyber/actualites/feuille-route-cyber-letat-2026-2027-renforcer-resilience-numerique